jeudi 12 juin 2008

Il n'y aura pas de prix Nobel dans l'espace

Je suis dubitatif à propos de l'expertise à laquelle fait référence l'ASC. Puisque le critère minimum est un bac en science/ingénierie/médecine plus 2 ans d'expérience, de quelle expertise parle-t-on?

Le mot expertise fait référence aux compétences d'un expert. Or ce n'est pas avec un bac et deux ans d'expérience que l'on peut être qualifié d'expert. L'ASC renchérit en demandant des scientifiques hors pair (sans égal, exceptionnels, hors du commun). Laissez-moi vous dire qu'à moins d'un minimum de dix ans d'expérience dans un même champ d'activité on ne peut être considéré comme expert ou hors pair. L'ASC ne voudrait sans doute pas de quelqu'un qui ne s'est dédié qu'à une sphère d'activité, pas d'un prix Nobel.

Au contraire, ce ne sont pas des experts que l'ASC recherche, mais des gens polyvalents ayant une grande capacité d'adaptation. C'est tout à l'honneur des astronautes de posséder une telle qualité. On peut être une personne admirable sans être expert.

N'allez pas croire que Julie P* était experte en quoi que ce soit lors de son recrutement. Elle était douée, intelligente, pleine de talent, géniale, enfin tout ce que vous voudrez sauf experte. L'expertise ce n'est pas travailler un mois chez Nortel en reconnaissance de la parole.

À mon humble avis deux astronautes canadiens sur les dix recrutés à ce jour pouvaient prétendre être des experts. Ces deux scientifiques hors pair étaient évidemment plus vieux que trente ans et avaient fait leurs preuves. Étaient-ils de meilleurs astronautes? J'en doute. Sincèrement, je ne vois pas pourquoi un astronaute aurait besoin d'être un expert ou un scientifique hors pair. Ce n'est pas l'astronaute qui planifie les missions, conçoit la station spatiale ou élabore les expériences. L'astronaute est avant tout un exécutant hors pair. La polyvalence et l'adaptabilité devraient être ses principales qualités.

Et moi? Après tout, c'est mon blogue. Je peux bien parler un peu de moi. Eh bien mon équipe et moi (je trouve ça class de dire "mon équipe") sommes sur le point de réaliser une première canadienne. Je dirais même une première mondiale non américaine. Rassurez-vous, vous n'en entendrez jamais parler. Ce n'est pas de l'ordre d'une première transplantation de coeur artificiel, mais c'est une première quand même et cela sera utile à la grandeur du Canada. Comme quoi vos impôts sont bien utilisés. Je pourrais prétendre que cette réalisation me donne droit au titre d'expert, mais j'ai la curieuse impression que les dix ans qu'il m'a fallu pour y arriver ne correspondent pas à ce que l'ASC entend par expertise...

mardi 10 juin 2008

De l'expérience à encapsuler

Comme tout homme de mon âge j'ai acquis une certaine expérience. Je dirais même plus que j'ai plus d'expérience qu'un homme dix ans plus jeune que moi. Mais voilà, tout comme la scolarité, ce n'est pas la quantité mais la qualité de l'expérience qui compte.

Dans le cas d'une sélection au poste d'astronaute, qualité veut dire variété. C'est discutable, mais c'est ainsi. Il est en effet étrange que l'on requiert pour ces postes des jeunes aimant la vie, pratiquant une foule d'activités diverses, alors que le but ultime de ces astronautes sera de passer six mois dans une station spatiale grande comme un 3 1/2 à faire la même série de tâches, certes complexes, mais répétitives.

Moi ça fait dix ans que je vis dans un cubicule et avant je vivais dans un labo sans fenêtre. Les espaces confinés je connais et m'y adapte assez bien. Mais évidemment cela compte pour des prunes.

lundi 9 juin 2008

La NASA me sollicite !

Je me voyais déjà sur le prochain vol de la navette, passant outre la sélection de l'ASC. J'ai reçu un courriel de la NASA aujourd'hui sollicitant mes services pour... réviser un article scientifique avant sa publication (révision par les pairs).

J'étais tellement déçu que j'ai refilé la tâche à mon collègue.

vendredi 6 juin 2008

On m'élimine en pièces détachées

Ça bouge côté recrutement. J'ai reçu un courriel m'invitant à retirer un de mes diplômes de la liste que j'avais soumise avec ma candidature. La raison est que ce diplôme, bien qu'il soit de premier cycle universitaire, n'était pas un baccalauréat. Tant pis, il me reste encore quatre diplômes et il leur reste trois semaines pour les invalider!

Cela démontre bien qu'il ne faut pas trop se fier à ce qui est écrit sur ce blogue. Une personne en chair et en os a bel et bien révisé ma candidature. Ce n'est pas ma faute si j'ai été mal informé. Peut-être ai-je lu ce que je voulais bien lire...

Bon, j'en suis à démontrer qu'en matière d'expérience, la mienne ne convient pas. Mais je suis un peu las aujourd'hui alors ce sera pour la prochaine fois.

Avez-vous remarquez que les critères portent sur la scolarité, l'expérience, l'expertise, les compétences... mais qu'on ne mentionne jamais les réalisations? À méditer, tout comme le fait que dans l'annonce en français on dit que les candidats "seront évalués selon leur compétence". J'ai toujours cru qu'il fallait plus d'une compétence pour être astronaute, mais je lis bien ce que je veux lire.